Le prix de la gauche (octobre 2010)

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Je crois, on le sait, qu’on ne peut défendre des idées (de gauche) que si on les met soi-même en pratique. Voilà pourquoi je recours autant que faire se peut à une association de réinsertion sociale qui envoie chez des particuliers d’anciens alcooliques, des drogués repentis, des propriétaires de longs casiers judiciaires, ici un pédophile ayant effectué sa peine, là un tatoué ayant renoncé aux coups et blessures.

Comme je n’envisage pas tout un livre sur ce sujet, bien que j’en aurais amplement la matière, je ne raconterai pas toutes mes (nombreuses) déconvenues. Je tairai les coûts en temps, en énergie, en argent bien sûr, je passerai sous silence les péripéties sans nom, etc. Je ne retiendrai qu’une histoire…

Le vieux père de ma compagne avait perdu de sa mobilité dans ses dernières années d’octogénaire. Veuf, affable, gentil, aimable, il déclinait, le savait, eut la politesse de n’en jamais montrer d’affectation et vécut jusqu’à la fin avec l’élégance du grand Résistant qu’il avait été : discret, secret, ne jugeant pas, ne condamnant jamais, menant sa vie, calme et droit.

Nous avions, sa fille et moi, sollicité l’un des bras cassés de cette association pour lui tenir un peu compagnie tous les jours, ouvrir les boîtes de conserve pour Pacha le chat, tailler un rosier, tondre la pelouse, boire un café, parler de la pluie et du beau temps. On oubliait que le tatoué avait fait de la prison, volé, qu’il avait bu et buvait encore : il était « Petit Claude » et avait conquis notre affection.

Le vieil homme est mort discrètement, une nuit, après avoir eu avec nous, le midi, avec sa fille le soir, une conversation sereine, apaisée, tendre. Sur le faire-part de décès, il y eut, bien sûr, le nom du Petit Claude.

Quelques jours plus tard, nous avons compris...

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