Les éditos - à la une
La guerre qui oppose la Russie à l'Ukraine n'aurait jamais dû avoir lieu si les politiques qui nous gouvernaient alors, Hollande en France et Merkel en Allemagne, entre autres, avaient eu le sens de l'histoire, c'est-à-dire de l'intelligence et du courage. Car cette guerre ne commence pas quand les journalistes installent leurs caméras en Ukraine, infatués qu’ils sont d'imaginer qu'ils créent le réel en se contentant de le filmer. Elle durait depuis 2014, c'est-à-dire depuis l'annexion de la Crimée par la Russie – autrement dit depuis plus de dix ans et non trois comme il fut récemment dit par les journalistes qui comptent à partir du dernier envahissement du pays par Poutine. En une décennie, le camp de la paix n'a eu aucun ami. Surtout pas l'Europe impérialiste maastrichienne qui, toujours en quête de nouveaux pays à annexer à l'est, autrement dit toujours plus près de Moscou, a jeté de l'huile sur le feu en poussant au crime après avoir écarté l'hypothèse de la paix via la diplomatie associée à toute Grande Politique.
En son temps, Mitterrand n'a rien compris à la chute du Mur de Berlin, à la fin de l'Empire soviétique, à la nécessité de travailler à l'avenir de ce grand peuple russe dont les tyrans venaient de tomber à terre : son monde s'effondrait, et ce vieillard dandy et cancéreux n'y comprenait plus rien. L'appel que fit Poutine à l’Occident, pour être plus précis, à l'Europe de l'ouest, quand il est arrivé au pouvoir, a été rejeté avec mépris. L'occasion de construire une Europe gaullienne de l'Atlantique à l'Oural n'a pas eu lieu, les européistes voulaient un club de riches, pas une alliance avec des gueux ! Plutôt la banque que la culture. On n’humilie jamais un peuple impunément.
A cette époque, la recomposition géopolitique de l'Europe pouvait se...
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